Courrier Internet :
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Les paramètres personnelsAussi incroyable que cela paraisse, de nombreux utilisateurs commencent à utiliser le courrier sur Internet, et passent longtemps avant de se rendre compte que des choses ne fonctionnent pas bien. Ils envoient des messages qui n'arrivent pas, ou illisibles par les destinataires, envoient des courriers auxquels on ne peut pas répondre, etc., mais ne s'en aperçoivent pas. Il est absolument indispensable de régler un certain nombre de paramètres avant d'utiliser le courrier sur Internet. Cette étape n'est pas toujours facile pour des personnes qui débutent dans ce domaine. La façon de le faire dépend de chaque logiciel, mais les concepts importants sont décrits ci-dessous. Les renseignements nécessaires sont en principe donnés par le fournisseur de service de messagerie Internet. Malheureusement l'aide en ligne des logiciels est souvent peu utile. Elle se borne à préciser qu'on peut utiliser telle option ou telle autre, sans rien dire des usages courants (ou même obligatoires). Contrairement aux applications bureautiques, le courrier sur Internet met en jeu le programme qu'on utilise sur son poste, mais aussi des programmes inconnus sur des postes différents du sien : ceux des correspondants. Un certain nombre d'options n'a d'incidence que sur le poste de l'utilisateur. D'autres options ont une incidence sur ce que verront les destinataires. On peut ainsi très bien s'envoyer à soi-même un message, qui est reçu parfaitement, et envoyer le même message à quelqu'un pour qui il sera totalement illisible ! Les indications données ci-dessous s'appliquent au cas le plus courant des gens qui relèvent leur courrier sur un serveur POP (cas général) ou IMAP à l'aide d'un logiciel de courrier. Le cas des utilisateurs de serveurs à interface WWW peut être assez différent (en général il y a beaucoup moins de problèmes), ainsi que celui des utilisateurs de programmes comme elm sur serveur Unix. Serveur, compte, mot de passePour régler ces paramètres, il est important de comprendre comment fonctionne le système. Une boîte aux lettres est liée à un compte (ayant un mot de passe) sur un ordinateur serveur (c'est l'équivalent d'une boîte postale dans un bureau de poste). Il n'y a pas de facteur qui le délivre à votre ordinateur, le logiciel que vous utilisez doit aller chercher (ou relever) sur le serveur le courrier arrivé en indiquant votre identité et votre mot de passe. Il peut le faire automatiquement au lancement, sur demande, ou de manière répétitive. Il efface le courrier de cette boîte aux lettres ou l'y laisse, et le place sur l'ordinateur personnel dans un dossier du logiciel de courrier souvent appelé Arrivée ou Inbox. Le courrier en partance est de même transmis à un serveur, qui le transmettra au serveur du destinataire. Il est nécessaire d'être connecté à Internet pour relever le courrier de la boîte aux lettres et en envoyer, mais le reste du travail peut être fait hors connexion. Lorsqu'on a une connexion permanente, on peut régler le logiciel pour aller relever régulièrement le courrier arrivé, par exemple tous les quarts d'heure. Certains logiciels permettent d'utiliser plusieurs comptes de messagerie sur différents serveurs. Il faut indiquer le serveur sur lequel réside la boîte aux lettres des messages arrivés (appelé serveur de courrier entrant, serveur POP ou POP3 en général). C'est généralement quelque chose comme pop.domaine.fr. Il faut ensuite indiquer le compte ou le nom d'utilisateur donnant accès à cette boîte aux lettres. On peut aussi indiquer le mot de passe protégeant l'accès à la boîte aux lettres, sinon le logiciel le demande à chaque session. Il faut enfin indiquer le serveur utilisé pour l'envoi des courriers (serveur de courrier sortant ou serveur SMTP), quelque chose comme smtp.domaine.fr. Le même serveur assure fréquemment les deux rôles (POP et SMTP), sous un nom comme mail.domaine.fr. Eudora 3 demande de préciser le compte et le serveur dans un seul champ appelé compte POP. Donner la valeur compte@pop.domaine.fr. Ne pas confondre avec l'adresse (voir plus loin). Le choix du serveur SMTP est parfois délicat : si la boîte aux lettres est chez un fournisseur de service Internet, et que l'accès se fait par un autre fournisseur, il faut impérativement utiliser le serveur SMTP du fournisseur d'accès (et non celui de la boîte aux lettres, l'envoi de message serait refusé). Par exemple, vous avez une boîte aux lettres chez Wanadoo, mais vous accédez à Internet en PPP par Free. Il faut alors utiliser le serveur POP de Wanadoo, et le serveur SMTP de Free. Les serveurs POP offrent la possibilité de laisser les messages sur le serveur (après réception par le logiciel de lecture). C'est une sécurité en cas de problèmes, et c'est ce qu'il faut utiliser si on relève le courrier depuis plusieurs ordinateurs (au bureau et à la maison, par ex.), mais il ne faut pas utiliser cette option si on n'a pas de moyen d'effacer ultérieurement ces messages : la boîte aux lettres grossirait jusqu'à saturation (et impossiblité de recevoir de nouveaux messages). Certains logiciels, par exemple les versions récentes d'Eudora, permettent d'effacer les messages automatiquement après un certain temps. Utiliser cette option si elle est proposée. Adresse (e-mail)Dans la phase de paramétrage du logiciel de courrier, il faut ensuite donner correctement sa propre adresse de courrier Internet. Cette adresse est transmise avec chaque message et permet d'identifier l'auteur, elle permet également de lui envoyer les réponses. Une adresse est par exemple Paul.Dupond@domaine.fr. Les minuscules et les majuscules sont équivalentes, on peut donc mettre des majuscules au début des noms. Par contre on ne peut pas mettre de lettre accentuée ni d'espace dans le nom, donc ne pas mettre André Jacques@domaine.fr si on vous a donné l'adresse Andre.Jacques@domaine.fr. Ce n'est pas parce qu'on peut trouver certaines adresses comme pdupond@autredomaine.fr qu'on peut librement choisir de mettre le prénom, ou l'initiale, ou rien. Cela dépend de la configuration de chaque serveur. Indiquer l'adresse telle qu'elle est fournie lors de l'ouverture du compte, sans aucune modification autre que des passages en majuscules. En fait, plusieurs adresses peuvent être valides, par exemple pdupond@domaine.fr et Pierre.Dupond@Domaine.Fr peuvent représenter la même personne. Même s'il y a plusieurs possibilités, il faut utiliser l'adresse fournie (aux majuscules près) et ne plus en changer, sous peine de produire des dysfonctionnements quand on est abonné à des listes de diffusion. Il est indispensable d'avoir son adresse correctement indiquée dans le paramétrage du logiciel de courrier. Dans le cas contraire, cela n'empêche pas d'envoyer du courrier et d'en recevoir (si des correspondants connaissent la bonne adresse). Mais, non seulement les destinataires des messages ne pourraient pas répondre, en plus les serveurs ne pourraient pas signaler les erreurs qui surviennent parfois (certaines erreurs sont signalées par message) : c'est ainsi que des messages peuvent partir sans jamais arriver et sans avertissement. Il est donc indispensable d'essayer cette adresse. Une première méthode est très simple à faire : s'envoyer un message, relever sa boîte aux lettres, vérifier que le message est reçu, puis y répondre (avec la fonction idoine du logiciel), et vérifier que la réponse est reçue également. Une deuxième méthode consiste à utiliser un des répondeurs qui renvoient automatiquement une réponse si on leur écrit. Voir ci-dessous le paragraphe sur la vérification des paramètres Voir aussi le paragraphe sur le masquage de l'adresse. De nombreux logiciels permettent également de paramétrer une adresse pour la réponse ou adresse de retour. Ce paramètre sert à faire envoyer les réponses aux messages expédiés à une autre adresse que celle utilisée. Cette option est rarement utilisée, on utilise plutôt cette possibilité au cas par cas pour certains messages (Champ répondre à). NomEn plus de l'adresse, on peut indiquer ses nom et prénom (ou le nom d'organisme s'il s'agit d'un compte de personne morale). Ces informations seront transmises avec l'adresse. Cela permet aux correspondants de mieux identifier les auteurs ayant une adresse peu claire. Ainsi, si une personne a comme adresse pdupond@domaine.fr, elle a tout intérêt à indiquer son nom Pierre Dupond. L'adresse apparaîtra sous la forme Pierre Dupond (pdupond@domaine.fr), ou une autre équivalente, dans les en-têtes, et c'est Pierre Dupond qui sera affiché comme auteur (dans la liste des messages reçus par ex.). Bien qu'il soit théoriquement possible de mettre des lettres accentuées dans cette rubrique, il est fortement recommandé de ne pas le faire. Certains logiciels sont incapables d'afficher correctement les lettres accentuées ici (alors qu'ils le font correctement dans le corps du message), et certains sont même incapables de répondre à un tel message. Si un compte est utilisé par plusieurs personnes, on peut très bien mettre dans cette rubrique les différents noms. Par exemple, si la famille Dupond a ouvert un compte dont l'adresse est pdupond@domaine.com, on peut très bien mettre comme nom Pierre et Marie Dupond ou tout autre intitulé. Certains indiquent aussi ici leur numéro de téléphone. HeureUne dernière chose à vérifier est que l'ordinateur qu'on utilise est (à peu près) à l'heure. Les messages sont datés par l'ordinateur émetteur, non par le serveur. Au cas où ils sont antidatés, les destinataires risquent de ne pas les voir apparaître au bon endroit dans leur liste des messages reçus (ils risquent même de ne pas les voir du tout). Penser aussi à vérifier le fuseau horaire... Autres paramètresLes autres paramètres à régler concernent les messages. Il est très important de les passer en revue, car de très nombreux logiciels ont des paramètres par défaut erronés. Désactiver l'envoi automatique de cartes de visite, régler l'envoi de message en ISO-8859-1 (ou 8-bit ou tels quels), et non en Quoted printable. Choisir de ne pas composer les messages en HTML. Composer une signature éventuellement. Les explications de ces paramètres se trouvent ci-dessous. Vérification des paramètresOn peut vérifier les paramètres en envoyant un message contenant un court texte accentué (une lettre suffit) à robotmail@cict.fr. On peut aussi faire un essai d'envoi de fichier attaché (avec un petit fichier). En principe, la réponse est envoyée immédiatement. Si aucune réponse n'est reçue, le champ d'adresse est mal configuré, ou bien le serveur est en panne. En cas de réponse, un diagnostic aussi exhaustif que possible est renvoyé dans la réponse. Voir un exemple. Pour tout renseignement sur ce service, écrire à robotadmin @ cict.fr (enlever les espaces de cette adresse). L'hétérogénéité d'InternetUne faute de perception est à l'origine de plusieurs des erreurs répertoriées ci-dessous. Pour bien utiliser le courrier sur Internet, il est important de se rendre compte que de très nombreux programmes différents tournant sur des ordinateurs différents permettent l'utilisation d'Internet, qui a d'ailleurs été créé explicitement pour répondre à cette diversité. Par conséquent, il faut se rendre compte qu'on envoie des messages à des gens qui les liront peut-être avec un programme très différent du sien, sur un ordinateur différent également. Sans étudier en détail les normes qui régissent le courrier sur Internet (SMTP et MIME), il faut réaliser qu'il existe des fonctions dans certains programmes de courrier qui risquent de ne pas avoir leur équivalent dans le programme du destinataire, et qui peuvent même rendre un message envoyé illisible. En simplifiant, SMTP a été conçu pour envoyer du texte simple (de type machine à écrire) et sans fioritures, ce qui fonctionne toujours. Voir ci-dessous le paragraphe sur les lettres accentuées et caractères spéciaux. Des fonctions évoluées sont fournies par certains logiciels, mais pas par tous. Il s'agit de fonctions comme l'envoi de fichiers attachés, de texte enrichi typographiquement (mise en gras, en couleur, changement de taille ou de police de caractères...), d'accusé de réception, de signature électronique (pour authentification), de chiffrement (pour la confidentialité), ... Il faut donc toujours s'assurer avec le correspondant qu'elles marcheront. Dans le doute et dans le cas général, ne pas les utiliser. Par contre, dans le cadre d'une messagerie interne d'entreprise, ces fonctions peuvent être utilisées si tous les postes sont équipés du même logiciel ou de logiciels compatibles. Les lettres accentuées et caractères spéciauxSMTP a été conçu à l'origine pour transmettre les caractères du code ascii, c'est-à-dire à peu près les caractères des machines à écrire américaines, sans lettres accentuées. Des extensions ont été faites pour transmettre d'autres codes, dont les codes iso-8859-1 et iso-8859-15, adaptés aux langues de l'Europe de l'Ouest (ils reprennent le code ascii, plus les principales lettres accentuées de ces langues, le deuxième code y ajoute l'euro, et le e dans l'o). Il n'est pas garanti que ces extensions marcheront dans tous les cas (Dans la pratique, cela marche dans la majorité des cas). Un autre problème est que le code iso-8859-1 n'est pas tout-à-fait complet, et qu'il manque certains caractères comme le e dans l'o, l'apostrophe oblique, et quelques autres caractères moins importants pour le français. Les systèmes comme Windows et MacOS ont ajouté ces caractères manquants à leur jeu de caractères. Ces caractères sont transmis, mais non normalisés et donc mal interprêtés si les deux systèmes qui communiquent ne sont pas du même type. Il vaut donc mieux les éviter (le problème est le même lors de l'utilisation des forums, et l'écriture de documents HTML). Une difficulté supplémentaire vient du fait que de nombreux logiciels de Microsoft mettent automatiquement une apostrophe oblique lorsqu'on frappe l'apostrophe (normale). Ces apostrophes, et le o-e, seront mal reçus par les destinataires s'ils utilisent un système différent. L'euro est un signe qu'il n'est pas facile d'utiliser dans les messages de manière générale, au moment de la rédaction de ce document (janvier 99). Il nécessite en effet l'utilisation d'une police en code iso-8859-15 qui est loin d'être répandue. De plus, peu de logiciels gèrent correctement le changement de code. L'envoi de messages en HTML, ou en texte enrichiIl est souvent très tentant d'envoyer un message de présentation soignée, avec plusieurs polices de caractères, plusieurs tailles, ou des couleurs, etc., ce qu'on appelle le texte enrichi. De nombreux logiciels ont des fonctions permettant l'enrichissement typographique des messages. Mais il faut savoir qu'on n'est pas assuré que cela marchera pour tout utilisateur d'Internet. Avant d'envoyer du texte enrichi, s'assurer que le ou les destinataires pourront le lire. Par conséquent, ne jamais utiliser ces fonctions lorsqu'on écrit à plusieurs personnes, à moins d'être sûr que toutes pourront l'exploiter. Ne jamais en mettre lorsqu'on écrit à une liste de diffusion, puisque dans ce cas on ignore généralement qui est abonné. Dans ces cas, se limiter à du texte simple (de type machine à écrire). Il vaut donc mieux régler une fois pour toutes le paramètre concernant le texte enrichi à Texte normal, et non Texte enrichi ou Envoyer en double. Cette dernière façon de faire est très fréquente, car on pense ainsi contenter tout destinataire (ceux qui ont un logiciel sachant traiter HTML voient les textes multicolores, les lettres de toutes tailles et les différentes polices ; les autres voient le texte normal). Mais c'est en réalité une mauvaise solution, car les messages sont trois à quatre fois plus volumineux, inutilement. Pour certains, le message HTML apparaît non décodé, illisible et long, en dessous du texte simple. Et lorsqu'on fait une réponse, ce charabia est repris en citation. De nombreux logiciels peuvent poser la question à l'envoi de chaque message, permettant éventuellement de faire le choix en fonction du destinataire. L'envoi de documents attachésIl est également tentant d'envoyer en fichier attaché (ou pièce jointe) un document Word, un programme, la photo des vacances, etc. Outre les faits signalés ci-dessus, les fichiers attachés ont d'autres particularités. Il faut s'assurer que le ou les destinataires sauront traiter les fichiers attachés avant de leur en envoyer. Comme dit plus haut pour HTML, ne jamais envoyer de fichier attaché à tout un ensemble de correspondants, ou a fortiori à une liste de diffusion, sauf accord préalable. CompatibilitéLes différents logiciels de courrier ne sont pas tous compatibles entre eux sur ce point (il y a plusieurs techniques pour attacher des fichiers à un message). Pour limiter les problèmes, sur Macintosh, utiliser le format AppleDouble (et non BinHex). Dans la quasi-totalité des cas, envoyer le fichier en MIME, et non en uuencode (c'est malheureusement le paramètre par défaut de nombreux logiciels, à changer). Et faire un test de compatibilité entre le logiciel de l'expéditeur et celui du destinataire, s'ils sont différents ou tournent sur des plateformes différentes. Le type de fichier attaché peut aussi poser problème. Tous les gens raccordés à Internet ont en principe un navigateur Web, ils peuvent donc lire les fichiers HTML, les images GIF et JPEG. Par contre, tous les autres types de fichiers peuvent poser problème à votre correspondant qui n'a peut-être pas le programme permettant de les lire. En particulier, envoyer des fichiers Word ou Excel est généralement une mauvaise idée pour plusieurs raisons :
Il est donc recommandé de ne pas envoyer de fichier attaché de ce type, sauf aux personnes qui ont donné leur accord. Dans le cas de fichiers uniquement textuels, pourquoi ne pas copier-coller le texte dans le message, plutôt qu'attacher un fichier ? Il y a un avantage supplémentaire, le texte ainsi collé occupe infiniment moins de place dans la boîte aux lettres des destinataires que le fichier Word équivalent. Il prend aussi moins de temps à se charger. Dans le cas où des correspondants se sont accordés sur l'envoi de documents attachés, il faut se rappeler les choses suivantes : un fichier Word au format RTF a une audience potentielle plus large qu'un fichier au format Word, mais pas universelle. Le format le plus universel pourrait être HTML, que tout utilisateur de Netscape ou IE pourra lire. Les logiciels de traitement de texte récents savent écrire dans ce format, plus ou moins bien. Utiliser le codage HTML dans un fichier attaché, plutôt que dans le corps du message, car les logiciels de courrier ne savent pas tous interpréter directement HTML. Dans le cas d'un fichier attaché, l'interprétation sera faite par un programme externe (le navigateur WWW). Mais la mise en page n'est pas du tout conservée en HTML ; si la mise en page est importante, utiliser le format PDF, pour lequel existe une visionneuse gratuite (Acrobat reader) et une autre libre (xpdf). Par contre le logiciel acrobat permettant de créer ces fichiers est payant. Il existe des alternatives en logiciel libre. Problèmes et limitesLa taille des fichiers attachés qu'on peut envoyer est fréquemment limitée par le site émetteur ou le récepteur. Se renseigner sur la limite précise, en tout état de cause, ne pas dépasser quelques Mo. Il faut savoir que même sans dépasser la limite de taille, un message avec un fichier attaché peut gêner un destinataire. Il peut amener sa boîte aux lettres près de sa taille limite, le message n'est donc pas refusé, mais un des suivants l'amènera à la limite, et tous les messages ultérieurs seront refusés. Dans le cas où le destinataire se connecte par modem, il est obligé de récupérer le message en entier (ce qui lui coûte), même si le fichier ne l'intéresse pas. S'il n'arrive pas à le récupérer en entier, le message n'est pas effacé du serveur, et il est proposé à nouveau la fois suivante. Seuls quelques rares logiciels permettent d'effacer le fichier du serveur sans le récupérer en entier. Si la liaison est mauvaise, le destinataire peut arriver au point où il ne peut récupérer le fichier en entier, et donc les autres messages de sa boîte aux lettres sont inaccessibles ! Le courrier Internet n'est donc pas le bon moyen de diffuser aux copains la dernière version de Netscape ou IE. Leur donner plutôt l'URL de cette version sur un serveur WWW ou FTP public. S'il s'agit de fichiers personnels à diffuser, utiliser un espace personnel sur un serveur Web (les fournisseurs de services Internet offrent tous ce service). Dans tous les cas, lorsqu'on dispose d'un espace Web personnel, le mieux est de mettre le document sur le serveur (en HTML de préférence, mais les autres formats sont possibles). On peut le mettre dans une zone privée avec accès par mot de passe. Envoyer alors seulement un message indiquant l'URL du document (et les nom et mot de passe éventuellement). Les destinataires des réponsesIl est très fréquent de se tromper de destinataire lors de l'envoi d'une réponse (c'est arrivé à l'auteur de ces lignes), dès lors que le message initial a été envoyé à plusieurs personnes, ou à une liste. En effet, dans la plupart des cas, si on n'y prend pas garde, la réponse est envoyée à tous les destinataires du message original, qui ne sont peut-être pas concernés par une réponse personnelle. Le problème se pose également lorsqu'on répond à un message reçu d'une liste de diffusion (réponse envoyée à tous les abonnés et non à l'expéditeur). Le logiciel de courrier ne peut pas savoir à la place de l'utilisateur si la réponse est personnelle ou concerne tout le monde. Il faut donc bien faire attention de vérifier les destinataires lorsqu'on répond à un message de ce type. Les contenus des réponses et des messages qu'on fait suivreIl est d'usage de citer les parties du message original auquel on répond, en mettant dans la marge des caractères (> ) qui permettent de distinguer citation et réponse. Le message est donc comme ceci : Dans votre message du 3/11, vous m'écrivez: > Alerte, attention au virus "Good Times". > [...] Ce genre d'annonce est une mauvaise blague, je vous conseille de lire ce document: <http://www.cict.fr/net/ErreursMel.html#chaine> Ne pas faire l'erreur fréquente consistant à faire une réponse de deux lignes, suivie de tout le message original cité, qui comprend éventuellement déjà lui-même des citations de messages antérieurs. Pour faciliter les citations, de nombreux logiciels reprennent automatiquement tout le message initial dans la nouvelle fenêtre servant à composer la réponse, en mettant les deux caractères (> ) en début de chaque ligne. De nombreux utilisateurs du courrier ne comprennent pas pourquoi, et n'osent pas toucher à ce texte. Mais il n'est absolument pas conseillé de le garder tel quel en entier. Il ne faut pas garder en citation tout le message original, mais seulement les parties précises auxquelles on répond. C'est d'autant moins conseillé que la plupart des logiciels gèrent très mal la présentation des citations qui risquent d'arriver recoupées chez le destinataire. Par contre, bien utilisé, ce système est efficace, les citations sont souvent mises en évidence par les logiciels de courrier (par une couleur différente ou la mise en italique). Généralement on répond point par point après chacune des questions, comme dans une conversation. Supprimer tout le reste du texte cité, sa signature, etc. Penser également à bien séparer la réponse du message cité (par une ligne blanche). Dans de nombreux cas, s'il n'y a pas d'ambiguïté possible, on peut supprimer tout le message original, et faire une réponse sans citation, comme on le fait dans les lettres ordinaires. Le problème se pose de la même manière lorsqu'on fait suivre un message à quelqu'un. Le message est entièrement cité avec les deux caractères en marge, et il est d'usage d'ajouter un petit commentaire, par exemple en début de texte. Mais il faut là aussi couper tout ce qui n'est pas indispensable. Voir un document plus complet sur l'art de la citation, axé principalement sur les messages dans les forums et les listes de diffusion. L'objetCombien de fois recevons-nous des messages dont le titre est seulement « important », « demande » ou « nouveau », sans contenir aucune information sur le sujet lui-même ? Penser que le destinataire reçoit peut-être des dizaines ou centaines de messages par jour, et que la première vision qu'il en a est cette fenêtre où sont présentés en colonnes les auteurs, objets et dates des messages reçus. Le premier tri est fait sur ces informations, il faut donc choisir un objet résumant bien le texte du message. Les signaturesCe sont des messages courts que la plupart des logiciels de courrier permettent d'ajouter à la fin de tout message envoyé (ne pas confondre avec la signature électronique qui permet d'authentifier l'expéditeur d'un message, et qui est disponible avec certains logiciels). La signature est à rédiger dans une option de paramétrage, ou bien c'est le contenu d'un fichier indépendant. La « netiquette » recommande de choisir une signature courte, de quelques lignes maximum et d'y mettre au début une ligne de séparation composée de deux tirets et une espace (-- ), si le logiciel ne le fait pas de lui-même. Dans certains contextes, par exemple lors de l'utilisation des listes de discussion où les abonnés ne se connaissent pas personnellement, la signature est le bon endroit pour se présenter à ses interlocuteurs ou s'identifier. On peut y faire figurer sa fonction, son numéro de téléphone, l'adresse de son site Web, ou son adresse professionnelle. Certains choisissent d'y mettre aussi de courtes citations. Il n'est pas indispensable d'y mettre des renseignements qui figurent dans les en-tête de message comme l'adresse e-mail ou l'organisme. Ne pas abuser des petits motifs humoristiques dessinés avec des caractères, ça lasse vite. Il est assez mal vu d'y faire figurer un fichier VCard attaché (c'est une carte de visite électronique, et ce n'est pas utilisable avec tous les logiciels de courrier) ; l'envoyer sur demande ou lors d'un premier contact uniquement. Exemple de signature : -- Jean-Pierre NET 01 23 45 67 89 Ingénieur réseau MABOITE <URL:http://www.maboite.fr/> Mon site perso <URL:http://www.xyz.fr/~moi/> Masquer son adressePour se protéger des messages abusifs, certains modifient la configuration de leur logiciel pour brouiller leur adresse, en y ajoutant par exemple « NOSPAM », et en signalant ce fait ou la bonne adresse dans leur signature. Si cela peut-être efficace, il faut se rendre compte que :
Ce n'est donc pas une pratique recommandée pour le courrier (pour les forums, c'est différent). Voir les conseils [4] en annexe pour plus de détails. La présentationUtiliser du texte en style « machine à écrire » n'empêche pas d'utiliser une présentation soignée, en laissant des lignes blanches entre paragraphes, en centrant les titres, en soulignant avec des lignes de tirets, etc. Faire surtout attention aux réglages concernant la coupure des lignes. Il faut savoir que les logiciels de courrier permettent presque tous la saisie au kilomètre (c'est-à-dire sans taper de retour-chariot en fin de ligne). On ne tape de retour-chariot qu'en fin de paragraphe, comme dans de nombreux logiciels de traitement de textes. Juste avant l'envoi, les logiciels de courrier recoupent généralement le texte en lignes de moins de 72 caractères (parfois un peu plus, mais 72 est la valeur recommandée). Par conséquent, le texte envoyé risque de ne pas avoir la même présentation que lors de son écriture, et le résultat est parfois proche de l'illisible ! Si on tape manuellement des retours-chariot en fin de ligne, ou si on colle du texte déjà découpé en lignes (de 80 caractères par exemple), chaque ligne de l'original sera redécoupée en deux : une ligne de 72 caractères et une de quelques caractères. Pas facile ni agréable à lire ! Pour coller du texte, il faut prêter attention au fait qu'il peut être découpé en lignes, ou non. S'il est découpé en lignes (cas d'un texte copié dans Netscape par exemple), il faut s'arranger pour que les lignes fassent moins de 72 caractères si possible, sinon le remanier. On peut faire des essais en s'envoyant le message à soi-même, ou mieux, à un proche utilisant un autre logiciel. D'une manière générale, ce n'est pas parce que le media est d'accès facile qu'il faut bâcler ses messages et écrire ou répondre impulsivement des messages pleins de fautes. Il faut malheureusement rappeler à certains que les échanges de courrier sur Internet sont assez peu formalistes, mais que les formules d'introduction et de politesse sont bienvenues, comme partout. Penser à se relire, à passer un vérificateur orthographique si possible, et tourner sept fois son doigt au dessus de son mulot avant de cliquer sur le bouton « envoyer ». Peut-on faire confiance au courrier Internet ?D'une manière générale, la réponse est non. SMTP n'assure aucune sureté des informations. Ni l'auteur, ni la date d'un message reçu ne sont fiables. Envoyer des messages antidatés en se faisant passer pour quelqu'un d'autre ne demande même pas de compétence en informatique ou en piratage, il n'y a pas besoin de donner le mot de passe du prétendu auteur (mais des plaisantins qui jouaient à ce jeu ont eu la surprise de comparaître en conseil de discipline universitaire, ou de se faire assigner en justice). Il existe des moyens de renforcer la sureté et la confiance des messages, en utilisant des signatures électroniques, mais ces procédés peuvent être utilisés au sein d'une entreprise ou d'une administration, ou entre personnes qui conviennent d'une méthode, et non d'une manière générale sur Internet. Si quelqu'un se plaint d'avoir reçu un message faussement écrit par vous, cela ne signifie donc pas que votre boîte aux lettres a été piratée (puisqu'il n'y a pas besoin de mot de passe pour se faire passer pour un autre). Donnez un démenti, et demandez éventuellement conseil à l'administrateur de votre messagerie pour la suite à donner. Il faut savoir que depuis 2001 ou 2002, de très nombreux virus et expéditeurs de messages abusifs exploitent cette faille de SMTP pour envoyer des messages à des gens en se faisant passer pour des connaissances, ou au moins en se présentant avec une identité semblant proche (ils mettent en relation des adresses similaires, du même domaine, etc.) SMTP n'assure non plus aucune confidentialité aux messages envoyés, qui circulent en clair sur le réseau. Ceci dit, il n'est pas à la portée du premier venu d'intercepter les messages venant d'une personne en particulier, ou lui parvenant. C'est surement plus difficile que d'intercepter son courrier postal. En cas de problème, les messages sont envoyés aux gestionnaires des services Internet qui peuvent donc les lire (mais ils sont tenus par la déontologie à ne pas les divulguer). La seule manière d'assurer la confidentialité des messages est de les crypter. Par ailleurs, on n'a aucune assurance qu'un message envoyé est bien arrivé. Si le destinataire a changé d'adresse, que son serveur n'existe plus, on en est averti (si ses propres paramètres sont corrects). Si on ne reçoit pas de message d'erreur, il est presque sûr que le message est arrivé sur le serveur du destinataire. Mais le message peut se perdre ultérieurement, avant sa bonne réception par le destinataire lui-même. Dans la pratique, peu de messages sont perdus, mais cela arrive. La fonction d'accusé de réception peut être utilisée, mais son bon fonctionnement dépend de la compatibilité des logiciels utilisés : il faut savoir que certains logiciels n'honorent pas les demandes d'accusés de réception. Les règles de bon usage (netiquette)La « netiquette[15] » ou net-étiquette (étiquette du net) est un ensemble de règles de bon usage écrit au début d'Internet, à une époque où celui-ci était utilisé principalement par des universitaires et des chercheurs. Il donne certaines règles, inspirées par le bon sens ou des considérations techniques, qui peuvent encore être de bon conseil. Pour le reste, la messagerie Internet s'apparente à la correspondance, et les règles générales qui s'appliquent à celle-ci s'appliquent à celle-là. En entreprise, la jurisprudence, un règlement intérieur, ou une charte de bon usage peuvent préciser les règles. C'est généralement l'usage d'une adresse professionnelle (et du matériel de l'entreprise) pour du courrier privé qui peut poser problème. C'est évident, mais il faut le rappeler : le contenu des messages reçus par messagerie est privé, ils ne doivent pas être transmis à n'importe qui ou publiés dans les forums sans l'accord de l'auteur. L'envoi de messages en nombreIl est possible d'envoyer facilement le même message à plusieurs destinataires simultanément. C'est tout-à-fait commode pour faire connaître à ses correspondants habituels sa nouvelle adresse par exemple. Mais l'usage de cette possibilité devient vite abusif. L'usage abusifL'usage est abusif lorsque les destinataires ne souhaitent pas recevoir de tels messages. Utilisé en grand par des sociétés commerciales qui réalisent ainsi à peu de frais leur envois publicitaires, les anglophones appellent cela le spam [5]. Il s'agit alors d'un abus manifeste. Certains utilisateurs d'Internet, voulant militer pour une bonne cause, ou donner une information sur un sujet qu'ils pensent important, envoient de bonne foi des messages à tous les gens dont ils connaissent l'adresse. Sans s'en rendre compte, et à une moindre échelle, ils font là aussi du spam. Le principe à retenir est que sur Internet on envoie des informations aux personnes directement concernées, ou qui ont fait part de leur intérêt à recevoir des informations sur un sujet précis, et seulement à celles-là. On peut constituer des listes personnelles de destinataires pour certaines occasions, ou pour des petits groupes, mais il ne faut pas en abuser. Il vaut souvent mieux laisser aux personnes concernées la possibilité de s'abonner ou non pour la réception d'informations sur un sujet donné. à cette fin, on met généralement en place des listes de diffusion (voir [6]) auxquelles les personnes intéressées s'abonnent si elles le souhaitent. Il y a aussi les forums. Et la diffusion d'informations se fait alors en envoyant un message à la liste ou au forum se rapportant au sujet. Ainsi seuls les abonnés reçoivent l'information. évidemment, envoyer des messages hors sujet à une liste de diffusion est contraire à la « netiquette ». La diffusion intempestive d'adressesLa deuxième erreur consiste à ne pas cacher la liste des destinataires. Chaque lecteur peut voir la liste de toutes les adresses, et la réutiliser. Cette indiscrétion est malheureusement très répandue, et est relativement grave, car un des correspondants pourrait tout-à-fait reprocher à l'expéditeur du message d'avoir diffusé son adresse à des gens qui ne le connaissent pas. Dans d'autres cas, des personnes ont diffusé ainsi la liste de leurs clients ! La solution est pourtant très simple, il ne faut pas mettre la liste de tous les destinataires du message dans le champ To: ou A:, mais dans le champ Bcc:, Ccc: ou Cci: ( Bcc=Blind carbon copy, Ccc=Copie conforme cachée, Cci=Copie conforme invisible, l'appellation dépend du logiciel). Mettre dans le champ To: ou A: sa propre adresse, car certains serveurs de messagerie refusent le message s'il n'y a pas de champ To: ou A:. Par exemple : To: Pierre.Dupond@domaine.fr Bcc: pierre@domaine.fr, paul@autredomaine.fr, jacques@mondom.com Subject: Attention, mon adresse change le 1/12 Aucun des destinataires ne verra la liste complète. Mettre dans le message un texte explicatif, de façon à ce que chaque destinataire puisse comprendre à qui le message a été envoyé et pourquoi il l'a reçu (de nombreuses personnes s'étonnent de recevoir un message sans figurer dans le champ To:). (message envoyé aux clients et relations de Pierre Dupond) Par contre, si tous les destinataires se connaissent, par exemple dans le cadre d'un courrier interne d'entreprise, les mettre dans le champ To: (ou Cc:). Les annonces de virus, les chaînes et autres canularsTout le monde a reçu ces messages donnant une information prétendument intéressante, et demandant de la rediffuser à toutes ses connaissances. Ces messages concernent :
Il ne faut pas rediffuser ces messages ! Il ne faut surtout pas les rediffuser sur des listes de diffusion ou dans les forums (news). Il ne faut pas rediffuser quoi que ce soit sans vérifier l'information et sans donner des références fiables (un site WWW connu, au minimum). La quasi-totalité de ces messages sont des mauvaises plaisanteries, c'est l'équivalent des rumeurs, des légendes urbaines. Les rediffuser exposerait l'auteur à passer pour un naïf, ou un incompétent ! Quand ce n'est pas une plaisanterie, ce moyen de diffusion est celui qui présente le plus d'inconvénients. Il ne faut pas rediffuser ces messages ! Si vous n'avez pas le temps de lire la suite, voici quelques sujets de messages à mettre à la poubelle : PKZ300, Irina, Good Times, Good Times Spoof, Deeyenda, Ghost, Make Money Fast, NaughtyRobot, PENPAL GREETINGS, AOL4FREE, Budweiser. Et voici des explications. L'auteur du messageLa première chose à faire est de se demander si la personne qui envoie le message est compétente sur le sujet en question. Dans la majorité des cas, elle ne fait que rediffuser un message reçu, sans connaître en rien les détails de l'affaire. Ces messages invoquent des autorités (« ce message provient d'IBM », du gouvernement, etc.), mais sans aucune référence naturellement. Une bonne référence est un site Web d'un organisme reconnu (vérifier alors cette référence). Le sujetCes messages envoyés en nombre concernent généralement les virus, des bonnes causes, ou des messages trompeurs. Les annonces de virusLes virus existent, et il faut s'en protéger. Cependant la majorité des messages les concernant sont fantaisistes. Pour faire la part des vrais virus et des fausses annonces, il faut savoir ce qu'est un virus. Les vrais virusIl faut savoir qu'un virus est toujours un programme, ou un morceau de programme caché à l'intérieur d'un autre, et qu'il doit s'exécuter pour exercer son action nocive. Une fois activés, les virus se reproduisent en envoyant (tout seuls) des messages à toutes les adresses trouvées sur le poste infecté (dans un carnet d'adresse ou ailleurs). Un virus peut être véhiculé par des messages Internet, généralement dans des documents attachés. Un fichier attaché peut être un programme que le message vous suggère de lancer pour une raison ou une autre (par exemple HAPPY99), parfois en se camouflant sous l'apparence d'un simple texte (cas du virus ILOVEYOU). Le programme peut aussi être caché dans des macros Excel ou Word (les macros sont bien de petits programmes). Le fait de double-cliquer sur le document Word peut dans certains cas faire exécuter la macro, et donc le virus. Tant qu'on n'exécute pas la macro, il n'y a aucun problème. Les virus récents se cachent souvent dans des messages codés en HTML, car HTML peut contenir des scripts (normalement en Javascript, sans risque, mais aussi en VBScript, spécifique de Windows). Les messages en HTML peuvent aussi contenir des contrôles activeX, spécifiques de Windows également. Ces virus peuvent se propager en dehors de la messagerie, d'un serveur web à un navigateur (Internet Explorer), par exemple. Les systèmes antivirus sur les postes de travail sont relativement inefficaces, car les virus se répandent aujourd'hui tellement vite que ces systèmes sont pris de court. Les antivirus sur serveurs de messagerie sont plus efficaces mais pas infaillibles (et les virus se propagent par d'autres moyens). En conséquence, il faut réfléchir à deux fois avant de double-cliquer sur un fichier attaché quelqu'il soit, même une carte de visite vCard ou une image, même un fichier envoyé par une connaissance. Un moyen simple d'ouvrir sans danger les fichiers Word consiste à les ouvrir avec une visionneuse Word ou un autre logiciel compatible (Star Office par exemple), car dans ce cas les macros ne sont pas actives. Attention, on disait autrefois qu'on ne pouvait être infesté par des virus à la simple lecture de messages textuels. C'est vrai si le message est réellement du texte pur. Mais s'il est en HTML et que le logiciel de courrier sait décoder le HTML, le message peut contenir des scripts ou des contrôles activeX, et donc éventuellement des virus. Ces virus, spécifiques du système MS Windows, peuvent se déclencher à la simple prévisualisation du message. C'est en novembre 99 qu'est apparu ce type de virus. Le logiciel de messagerie MS Outlook Express est particulièrement visé, mais d'autres comme Eudora ne sont pas indemnes de toute attaque. En effet, sur Windows de nombreux logiciels font appel aux librairies du système pour afficher les pages HTML, et le risque est donc le même qu'avec Outlook Express. Il est parfois difficile de savoir si un programme fait appel ou
non aux librairies de Microsoft pour l'affichage de code HTML. Pour
le cas d'Eudora, c'est une option Les fausses annoncesAlors que les vrais virus sont une plaie pouvant bloquer le travail de tout une organisation, des petits plaisantins se sont mis à diffuser des messages qui annoncent que vous avez reçu un virus qui effacera tous les fichiers à certaine date, ou qui à l'inverse crée des fichiers supplémentaires qu'il vous faut effacer. Ces messages demandent en outre d'en faire passer une copie à tous les correspondants. Ces messages sont généralement des plaisanteries. Dans le cas des annonces de virus, il faut savoir qu'il existe des organismes spécialisés dans les problèmes de sécurité (les CERT [14]), qui ont des correspondants dans chaque grand site. Ce correspondant reçoit des messages d'alerte sûrs, qu'il peut retransmettre. Sur ce sujet, il est le seul en qui on puisse avoir confiance, un message de toute autre origine est à mettre à la poubelle. Dans le doute, lui demander ce qu'il pense du message. Les utilisateurs isolés peuvent demander à leur fournisseur de services Internet (provider), ou plus simplement consulter les services Web consacrés à ce sujet ([7], [10], [11], [12]) et ou encore poser une question sur Google ou un autre moteur de recherche, ce qui renseigne parfois en dix secondes. Ces fausses annonces de virus circulent depuis des années sur Internet, et circuleront probablement encore dans dix ans, et ont pollué des millions de boîtes aux lettres, souvent des dizaines de fois. Ils sont donc bien connus, et décrits (voir des références ci-dessous[7] et [9]). En l'occurrence, le virus existe donc, c'est le message lui-même qui est le virus, car il pollue les boîtes aux lettres, les réseaux, et fait perdre du temps à celui qui les traite (et à l'auteur de ce document qui aurait d'autres choses à faire). La meilleure prophylaxie consiste donc à ne jamais rediffuser ce genre de messages, et à informer ceux qui les ont envoyés de l'erreur qu'ils ont faite. Les bonnes causes (et les autres)Qui n'a pas reçu ce message demandant de voter contre un forum (newsgroup) en cours de création, car ce serait un outil de propagande nazie, et de diffuser largement l'information ? Ou celui demandant d'envoyer des cartes postales à un petit garçon malade et qui voulait faire sauter le record du Guinness Book, en rediffusant largement le message bien sûr ? Ou encore de signer une pétition en faveur des femmes afghanes, ou contre la guerre en Irak. Et, en fait, pourquoi ne pas le faire ? Le problème vient du fait que si la création de ce forum a été à l'ordre du jour, et si le vote a bien eu lieu, le message circulait encore un an et demi après la fin du vote - négatif. Quant au petit garçon, il est guéri, paraît-il, il a reçu 16 millions de cartes, et n'en veut plus. Guiness Book n'enregistre plus ce genre de record. Les pétitions étaient une mauvaise plaisanterie, bien que partant d'un bon sentiment : les adresses Internet censées les recevoir étaient inexistantes ou pas faites pour recueillir des pétitions. Dans le cas d'un message de ce genre, regarder dans le message si des dates sont indiquées, ou des références précises, de site WWW par exemple, qui permettront de mieux juger s'il faut répondre, et pire, rediffuser ce message. Sans date et sans référence, même s'il s'agit d'une cause qui tient à coeur, le message doit aller à sa place, dans la poubelle. Même avec ces renseignements, il faut se demander si les gens à qui on va rediffuser ce message ne l'ont pas reçu déjà plusieurs fois, ou appris dans les forums, ou simplement en écoutant les informations à la radio. Peut-être ça ne leur plaira pas de le recevoir une fois de plus. Attention, certains messages ont pour but d'attirer l'attention sur le danger d'une chaîne ou d'un faux virus, et suggèrent de diffuser l'information pour en informer vos connaissances. Sincère ou malveillante à l'origine, cette démarche s'avère aussi nocive que le mal qu'elle prétend combattre. L'argent facileVoilà une version des chaînes qui arrivent aussi parfois dans les boîtes aux lettres postales. Dans les boîte aux lettres électroniques, certains en reçoivent plusieurs par semaine. On demande d'envoyer quelque menus dollars à des personnes situées en haut d'une liste, de se mettre en bas de la liste, et de l'envoyer à n personnes de sa connaissance, promettant des gains substantiels et rapides. Bien entendu, le message est assez long, car il essaye d'embobiner le lecteur, sur le fait qu'il ne s'agit pas d'une chaîne, mais d'un investissement, que c'est légal, etc... Quelle que soit la présentation de la chose, il s'agit d'une escroquerie dite « à la boule de neige » ou « pyramide », illégale et donc réprimée, en France comme aux états-Unis et de nombreux autre pays. Il est de plus connu que seules les personnes situées en haut de la liste (l'initiateur de la chaîne et des complices) gagnent de l'argent. Donc à chacun de voir. Et les journauxNon contents de polluer les boîtes aux lettres, les virus polluent même les journaux. Ainsi « 01 Informatique » du 29/11/96 en page 4, a annoncé l'existence des virus « Good Times » et « Irina » (le premier existait depuis longtemps, mais le journaliste devait être un nouveau !). Et bien voilà une raison de plus de ne pas croire toujours ce qui est imprimé ! Pas plus que ce qui arrive dans les boîtes aux lettres. J'ai rediffusé un tel message, que dois-je faire ?Le plus simple me semble être de diffuser aux mêmes personnes l'information
correctrice, avec par exemple un pointeur vers ce document
Pourquoi les chaînes prolifèrentCes chaînes existaient déjà pour certaines en courrier postal. Mais Internet a rendu leur prolifération exubérante, car l'envoi de message est tellement facile : pas de photocopie à faire, pas d'enveloppe à écrire, pas de timbres. En 2 secondes et à un coût nul, on peut envoyer le message à des dizaines, voire des centaines de milliers de personnes. Les chaînes, avec le spam [5], sont le revers de la médaille. Mais cela n'est malheureusement pas gratuit pour tout le monde : c'est le récepteur, en général, qui supporte les coûts des courriers non désirés (en temps de connexion pour rapatrier les messages, occupation des disques, temps perdu). Faire suivre un tel message est donc non seulement inutile ou inadapté, c'est un vol des ressources du ou des destinataires. Quand cela se reproduit des millions de fois, c'est du vandalisme. Comment diffuser une nouvelle importante ?Ne pas essayer de faire de la concurrence à la radio, à la télévision ou aux journaux. Les gens ont d'autres canaux d'information que leur boîte aux lettres. Pour les nouvelles importantes dans un milieu restreint, c'est la première personne concernée qui doit diffuser l'information. La meilleure méthode est d'utiliser un forum ou une liste de diffusion, ou encore d'écrire à toutes les personnes concernées, mais sans leur demander de rediffuser le message. Dater le message et inclure toutes les références utiles. Ainsi, l'information ne risque pas de boucler. RésuméEn résumé :
AnnexesDeux autres documents WWW portent sur le même sujet, en apportant un éclairage différent:
Le forum fr.comp.mail permet de discuter de tout ce qui touche à la messagerie. Les deux documents suivants sont des foires aux questions (FAQ) publiées dans ce forum périodiquement. Voici des pointeurs vers un site (Pasteur) qui les archive.
Il y a d'autres documents sur des sujets précis:
Exemples de messages reçusCe dernier ne rentre dans aucune des catégories ci-dessus, c'est un simple appel à la superstition.Autres documentation en anglais sur les virus et chaînesPour ceux qui, comme moi, ne sont pas de parfaits anglicistes : hoax veut dire (mauvaise) blague, canular.RemerciementsJe remercie les lecteurs de fr.comp.mail qui ont relu le texte initial, et ont fait part de leurs observations : Alain Thivillon, Emilie Danna. AvertissementMerci de me communiquer les erreurs ou omissions, ou autres précisions intéressantes se rapportant à ce sujet.Auteur : Jean-Pierre Gallou Mis à jour le 17/11/03 |